La clé des ondes

BORDEAUX 90.10

LA RADIO QUI SE MOUILLE POUR QU'IL FASSE BEAU

Féminisme : l'arrivée du coronavirus nous confirme "qu'on n'est pas les mieux loties"

  • Actu
  • Féminisme
  • Société

Recrudescence des violences conjugales, inquiétude sur la tenue des interruptions volontaires de grossesse, conditions de travail des soignantes : témoignages du Planning familial 33 et d'une sage-femme du Bassin d'Arcachon.

Commande du podcast

35m

Point Chaud

Violences conjugales, accès à l'IVG et travail des femmes par temps de confinement

Diffusé le 03/04/2020

Ce vendredi 3 avril dans Point Chaud, on recevait Annie Carraretto, co-présidente du Planning Familial de Gironde, et Viviane Roesch, sage-femme libérale sur le Bassin d'Arcachon, pour parler des violences conjugales, de l'accès à l'interruption volontaire de grossesse et de la maternité en temps de confinement et de pandémie.

Des craintes sur l'accès à l'IVG

Annie Carraretto : "Ces craintes se confirment au niveau national. A Bordeaux, très concrètement, on a fait le tour de toutes les structures qui accueillent, et elles ont toutes mis en place une réponse adaptée à la situation pour prendre en urgence les femmes qui ont besoin d'une IVG, que ce soit médicamenteuse ou par aspiration. C'est un message très fort : l'IVG reste une urgence et doit être prise en compte.

"La seule difficulté, c'est qu'on se trouve avec des femmes qui sont en confinement, qui peuvent prendre du retard dans la décision ou tout simplement la connaissance de leur corps, de ce qui se passe. C'est pas toujours simple de se rendre compte qu'on est enceinte à un moment donné. C'est une contraception qui n'a pas fonctionné dans 75% des cas donc on se croit couverte et on ne l'est pas ; parfois des violences sexuelles, ce qui amène les femmes à ne pas forcément accepter ni parler de la situation.

"Les délais pour l'IVG sont trop courts en France."

"On arrive donc souvent à des situations qui sont limites par rapport aux délais français : 14 semaines c'est très court. Cette semaine [du 30 mars - ndlr], on a eu des situations limites, on a pu en discuter avec l’hôpital. Mais il y en a d'autres où les femmes ont été obligée de partir en Espagne. La réalité d'aujourd'hui, qui s'accentue en temps de crise, c'est que nos délais sont trop courts en France, et qu'il y a des femmes qui vont régulièrement avorter à l'étranger. Nous réclamons un allongement des délais parce que en Espagne, Angleterre, Hollande, on est à 22 semaines. On se rend compte qu'on n'est pas les mieux loties."

Cagnotte

Une cagnotte en ligne a été lancée par le Planning familial 33 pour aider une femme qui doit avorter à l'étranger et qui doit trouver 700 € de toute urgence (frais de déplacement, d'hébergement...). La somme a déjà été dépassée.

"Comme elle, en France, des centaines de personnes n’ont pas d’autre choix que d’avorter à l’étranger, car le délai pendant lequel on peut y recourir est un des plus bas d'Europe. Cela coûte cher. Cela rajoute de la difficulté financière, organisationnelle et psychologique, surtout en ce temps de pandémie" explique le Planning.

Une mobilisation générale contre les violences conjugales pendant le confinement ?

32% d'augmentation des violences intra-familiales au niveau national. Un peu moins en Gironde. "Les chiffres avant confinement étaient déjà glaçants : une femme qui meurt tous les deux jours, un enfant qui meurt tous les 5 jours" rappelle Annie Carraretto.

"On attend beaucoup que cette mobilisation qui se fait en ce moment, perdure à l'avenir et rebatte un peu les cartes de la situation que l'on déplore habituellement où on a beaucoup de difficultés à mobiliser tous les acteurs autour de cette thématique."

"Ça se passe bien parce que de façon générale le monde soignant est plein de bonne volonté"

En tant que sage-femme libérale, Viviane Roesch continue à travailler, en s'adaptant via les téléconsultations. Le principal problème, selon elle : "C'est la peur quand on est professionnel d'être porteur sain, sans le savoir, et que les gestes barrières ne soient pas suffisants. Ça peut générer une grande culpabilité chez nous, l'idée de faire du mal sans le savoir. Ce n'est pas tant la peur d'être contaminée et de le transmettre à sa famille, parce que les soignants ont une part de sacrifice en eux je pense. Mais on ne veut pas prendre le risque de disséminer la maladie.

"Dans certaines maternités, on a fait travailler des sages-femmes qui avaient des symptômes mais dont la hiérarchie a refusé qu'elles soient testées parce qu'il fallait assuré le boulot. Et aussi parce qu'il y a un manque de soignants, et si beaucoup sont en arrêt, qui va faire les soins ? A force d'avoir fermé des maternités, restreint le personnel de plus en plus... Ça fait des années que les professionnels de santé manifestent pour avoir non pas des meilleurs salaires mais des meilleures conditions de travail. L'épidémie accentue les problématiques liées à la surcharge de travail."

Les numéros à faire connaître

Pour joindre le Planning Familial 33 : 05 56 44 00 04 Leur antenne en Sud Gironde : 06 52 79 64 74 Le numéro national pour avertir d'une situation de violences par SMS : 114 La ligne nationale : 3919 Et les pharmacies qui sont chargées de recueillir les plaintes et témoignages.

Les podcasts

Commande du podcast

2h14m

Achaïra

Diffusé le 01/06/2020

Commande du podcast

59m

Nouveautés à la Clé

Diffusé le 01/06/2020

Commande du podcast

59m

Achaïra

Émission du 1er juin 2020 - la première heure

Diffusé le 01/06/2020

Commande du podcast

58m

Achaïra

Émission du 1er juin 2020 - la deuxième heure

Diffusé le 01/06/2020

TOUS NOS PODCASTS
Lecture / Pause de la radio ou d'un podcast
ECOUTER LA RADIO
/
Retour au direct