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Logement : des "Girondins atterrés" interpellent les candidats aux municipales

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Professionnels de l'habitat, de l'urbanisme ou du logement, ils alertent sur l'absence d'une politique urbaine globale reliant les questions de logement, de déplacement et d'occupation des sols. Entretien avec l'un d'eux, Jean-Pierre Labroille.

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L'invité.e

Des professionnels de l'habitat appellent à "une maîtrise publique" limitant les prix des logements.

Diffusé le 06/01/2020

Depuis plusieurs années, les problèmes liés au logement sont bien connus à Bordeaux. Pénurie de logements étudiants, prix exorbitants, obligation d'aller vivre en périphérie...

Mais on pourrait en ajouter bien d'autres : manque de logements HLM et d'accession sociale à la propriété, recours aux squats pour loger les personnes à la rue, développement des grandes surfaces commerciales en périphérie, difficulté à se déplacer (rocade saturée, tram également à certaines heures), occupation touristique et résidences secondaires sur le littoral, ampleur du mouvement des gilets jaunes en Gironde, habitat indigne pour les travailleurs agricoles saisonniers, etc.

Selon Jean-Pierre Labroille et les Girondins atterrés, tout cela est lié :

"Il y a aujourd'hui une addition de problèmes, mais ces problèmes ne sont perçus que de façon sectorielle."

Le marché immobilier condamne les précaires ... et la planète

"Nous constatons une dispersion accrue des localisations de l'habitat, des services et de l'activité. Ces localisations créent un étalement urbain considérable. Et cet étalement est à la fois un problème social, environnemental, écologique. Cette question est une illustration parfaite du slogan "Fin du monde, fin de mois, même combat"."

Si l'augmentation des loyers (ou des emprunts à rembourser) cause des fins de mois ingérables sur les comptes en banque, elle s'accompagne d'un éloignement domicile-travail qui oblige à prendre sa voiture, et d'un étalement des surfaces urbanisées.

"Beaucoup de gens ne prennent pas assez de recul sur la question de la localisation du logement, sur le lien entre logement et déplacement, logement et mobilité. Où est-il possible de poser des logements, de poser un emploi, de poser les services ? Une politique avec un urbanisme de qualité doit réfléchir à long terme à une localisation pertinente de tout cela. Aujourd'hui c'est le marché immobilier et foncier qui fait que chacun essaie de régler les problème auquel il est confronté à court terme."

Voilà donc la cause centrale de cette situation, identifiée par les "Girondins atterrés" : le marché.

"La question du logement est de plus en plus prise dans une logique de marché, non régulé par la puissance publique. Chacun cherche à optimiser ses marges."

"Faire se converger des préoccupations"

Et les choses ne risquent pas de s'arranger toutes seules : dans leur adresse, ces spécialistes avancent le chiffre de 120 000 habitants en plus qui devraient arriver en Gironde dans les 5 ans à venir, c'est-à-dire pendant le mandant des futur.es maires élu.es en mars prochain.

"La production de CO2 à ce point-là dans des bouchons dus à des problèmes de marché foncier non régulés ? Quand même y'a de quoi s'indigner. Sur ces questions, il y a tout à fait matière à faire se converger des préoccupations. Le cadre des élections municipales est parfaitement opportun pour réfléchir dans chaque commune sur ces questions."

D'autant plus que le logement est une compétence municipale, et que ce sont bien "les maires qui signent les permis de construire" rappelle Jean-Pierre Labroille.

Par où commencer, alors ? Par une révolution culturelle, propose-t-il :

"Beaucoup de gens considèrent que les prix immobiliers sont une fatalité. Ce n'est pas vrai : ils sont faits par un marché, qui est fait par des hommes, dont certains ont intérêt à ce que les prix soient ce qu'ils sont, et les autres subissent. [...] La situation actuelle n'est pas une fatalité, et elle est illégitime, du point de vue du vivre-ensemble."

Réguler et anticiper

"Quand vous voyez aujourd'hui sur la périphérie de Bordeaux, des prix qui dépassent 6000 € le m2 c'est pas acceptable. Qui peut se payer ça, et quelles conséquences ça a sur les autres ? Il faut arrêter ça. La question intéressante est comment on se sort du marché, et comment on ouvre progressivement à l'urbanisation ces territoires."

"Avoir une politique urbaine bien conçue, c'est anticiper à 10, 20, 30 ans sur ces questions, de manière à urbaniser progressivement les terrains dont il y a besoin pour loger les gens, dans des conditions où la maîtrise publique fait que les prix ne dépassent pas une certaine limite."

Pour aller plus loin :

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