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Services sociaux : "Les collègues sont assignées à recevoir du public... pour leur dire qu'il n'y a rien"

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Conditions de travail dégradées, emprise du management, absence de politique sociale de l’État... Muriel Loiacono de Sud Collectivités Territoriales décrit le quotidien des travailleurs sociaux, et appelle ses collègues à former une coordination.

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Services sociaux : "Beaucoup de nos collègues pètent les plombs parce que ce système est infernal"

Diffusé le 22/01/2020

Muriel Loiacono travaille dans l'insertion professionnelle au Conseil départemental de la Gironde. Elle est déléguée du personnel Sud Collectivités Territoriales. Son syndicat organise une assemblée générale des travailleurs sociaux en lutte, ce jeudi 23 janvier à 18h à l'Athénée municipale, avec l'idée de lancer une coordination girondine des travailleurs sociaux.

Que ce soit dans le public (collectivités territoriales) ou le privé (associations), elle dénonce une dégradation générale des conditions de travail.

"On n'a plus de moyens pour fonctionner et travailler, on manque d'effectifs, de professionnalisation... Il y a des manques à tous les niveaux."

La misère au quotidien

L'année dernière, il avait beaucoup été question du Centre départemental de l'enfance et de la famille, à Eysines, où des violences sur les mineurs et une maltraitance institutionnelle avaient été constatés. Une secrétaire d'état à la petite enfance avait été nommée. Mais depuis, rien n'a évolué.

Au Pôle Emmaüs Gironde, les conditions de travail ont également déjà été dénoncées. Ou encore à Mana, établissement passé sous le contrôle du groupe SOS Solidarité. Et au département de la Gironde.

"Mes collègues assistantes sociales reçoivent tous les jours des familles qui vivent dans la rue, certaines avec des enfants, à cause de problèmes de logements. Pareil sur le chômage : on dit qu'il y a des métiers en tension, certes, mais quand vous n'êtes pas mobiles, que vous n'avez pas d'argent pour passer le permis, que l'emploi est loin de chez vous, ce n'est pas évident. On précarise de plus en plus les populations, on les laisse sur le bas côté, ça arrange beaucoup de monde je crois, et puis on les montre du doigt après parce que ce sont des fainéants qui ne veulent pas aller travailler."

Mettre l’État face à ses responsabilités

Au quotidien, les travailleurs et travailleuses sociales souffrent d'être confrontées à des situations humaines auxquelles elles n'ont pas de solution à apporter.

"Il n'y a pas plus de moyens. Les aides financières du département ont été divisées. Une famille aujourd'hui peut avoir droit à 90 € dans l'année pour payer son électricité ou sa voiture. Alors qu'il y a toujours plus de demandes. Ce qui déprime mes collègues, c'est le fait qu'elles n'aient pas de réponse. Elles sont assignées à recevoir du public, alors pour ça on est très réactives. Mais pour leur dire qu'il n'y a rien, qu'on ne peut rien faire. Ce qui entraîne beaucoup d’agressivité en plus à gérer. On a beaucoup de collègues qui pètent les plombs parce que c'est un système infernal. On vous demande plus avec moins. Les cadres ne sont plus issus du travail social mais sont là pour faire du management, pour rationaliser le travail. Quand on est sur la relation humaine, c'est quelque chose de difficile à faire. Et c'est en fonction de cette rationalisation que les moyens sont mis ou pas."

Et cela même dans les services du département de la Gironde, pourtant pas le plus démuni :

"On est dans la négociation, dans le dialogue. Mais parfois on fait aussi grève et on se mobilise pour les pousser dans les retranchements et dire que du budget, il y en a quand même. La Gironde est un des départements les plus riches. Les moyens, se sont des choix politiques. Quelles politiques vous voulez aujourd'hui en Gironde pour les enfants, les plus précaires, le logement, etc. ? Ailleurs ça peut être beaucoup plus dur, mais on peut toujours faire mieux. C'est pour cela que c'est important de ramener le débat sur la responsabilité de l’État avant tout. Parce que c'est l’État qui décide de la politique qu'il veut mener.

Assemblée générale des travailleurs sociaux en lutte :

Jeudi 23 janvier à l'Athénée municipale, à partir de 18h.

Photo de Une : Muriel Loiacono (Xavier Ridon/La Clé des Ondes)

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