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Taux négatifs : euthanasie des rentiers ou perfusion pour l'économie financiarisée ?

Cette semaine dans la chronique éco, Edwin Le Héron s'interroge sur les taux d'intérêt négatifs. Des États et entreprises qui gagnent de l'argent en s'endettant, des rentiers qui en perdent... ce monde à l'envers est-il une bonne nouvelle ?

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Les Clés De l'Éco

Taux négatifs : euthanasie des rentiers ou perfusion pour l'économie financiarisée ?

08/12/2020

Photo de l'article: Taux négatifs : euthanasie des rentiers ou perfusion pour l'économie financiarisée ?

Tous les mardis à 6h40, 7h40, 8h40 et 12h40, des économistes bordelais vous font entendre leurs analyses à contre-courant des discours dominants dans la chronique Les Clés de l'éco. Cette semaine : Edwin Le Héron, professeur des universités à Sciences Po Bordeaux, membre du Centre Émile Durkheim, et président de l'Association pour le développement des études keynésiennes.

Edwin Le Héron nous parle aujourd'hui de "ce phénomène assez surprenant, de voir un état emprunter massivement et gagner de l'argent sur cette dette grâce aux taux négatifs, et des épargnants accepter de prêter même à long terme en perdant de l'argent."

Aujourd'hui, il y a plus de 15 000 milliards d'obligations dont le taux d’intérêt est négatif, dont 1000 milliards sur les dettes d'entreprises. En France, on constate actuellement des taux de -0,6% sur la dette de 1 à 5 ans, -0,3% sur la dette à long terme (10 ans), et on ne repasse en territoire positif à + 0,38% que sur de la dette à 30 ans.

Bonne nouvelle pour l’État : cela représente au total 75 milliards d'économies.

"On pourrait considérer qu'une idée reçue doit être remise en cause : l'économie financiarisée devrait être le paradis des banques qui se gaveraient sur notre dos et sur celui de l’État. Or il n'en est rien, on est même tout à fait dans une période d'euthanasie des banquiers comme le demandait Keynes."

Mais les choses sont plus complexes que ça, analyse Edin Le Héron en se penchant sur le "coeur du problème" : le comportement des banques centrales.

"En imposant des taux négatifs, elles favorisent l'endettement des états et des entreprises. Faut-il remercier la Banque centrale européenne de cette politique très favorable à la dépense publique et à l'investissement des entreprises ? Eh bien non. Cette création monétaire très forte profite peu à l'économie réelle, profite peu par exemple à la transition écologique, à l'innovation en général. Mais [elle contribue] plus massivement à assurer le prix des actifs financiers, la stabilisation financière, à éviter une crise des dettes souveraines, et donc à maintenir en état le monde d'hier, le monde de l'économie financière d'hier."

Les Clés de l'éco ? C'est une nouvelle chronique, tous les mardis à 6h40, 7h40, 8h40, 12h40 sur La Clé des Ondes. Des économistes bordelais s'y succéderont pour vous faire entendre leurs analyses à contre-courant des discours dominants. Une sorte d'antidote aux chroniques de Dominique Seux (sur France Inter) et autres journalistes-éco amoureux des vieilles recettes patronales !

*Photo de Une : le siège de la BCE à Francfort (Jay Eldy)

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