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Une ré-intoxication du monde ?

Sauvegarder la zone humide du Val de l'Eyre, agir contre la réintoxication du monde ici et ailleurs, défendre les Jardins d'Aubervilliers ou la forêt des Landes menacée par HORIZEO, on n'en parle pas au congrès de l'UICN mais dans Climat de luttes.

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Climat de Luttes

Une ré-intoxication du monde ?

09/09/2021

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Dossier

Notre dossier ce soir porte sur l’opération "Agir contre la réintoxication du monde". En raccourci Agir 17, ou « le 17 » pour les intimes, c’est un appel qui a été rédigé à la sortie du premier confinement, un appel à coordonner des actions convergentes dès le 17 juin suivant.

Il en a été fortement question lors des rencontres intergalactiques qui ont eu lieu cet été à Notre Dame des Landes. Climat de luttes était présent et a tendu son micro lors de la rencontre du dimanche matin 1er août, initiée par le collectif Agir 17. Les participants ont fait un bilan des trois premières vagues et lancé un nouvel appel pour une 4eme vague, la semaine prochaine, le 17 septembre.

Plus d'informations sur le site de l'appel 17.

En Gironde, le collectif Touche pas ma zone humide qui rassemble des citoyens, des associations, des syndicats autour de Belin-Beliet, dans le Val de l’Eyre, depuis qu’un projet de plateforme logistique a pointé son nez il y a deux ans. Cette plateforme, portée par l'opérateur PRD qui se chargera de louer ensuite à Alibaba ou Amazon, prévoit l’artificialisation de 19 hectares, dont 13 hectares en zone humide, à haute valeur environnementale !

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Actu

Congrès de l’UICN

Vous en avez sans doute entendu parler, le congrès de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature ) se déroule à Marseille cette semaine et il est l’occasion pour le gouvernement de tenter de redorer son bilan écologique qui est jusqu’à maintenant catastrophique. Quelques rappels : - Le 4 août, le Conseil d’Etat a condamné les pouvoirs publics à payer une astreinte record de 10 millions d’euros pour ne pas avoir pris les mesures nécessaires afin de lutter contre la pollution atmosphérique, une décision motivée (je cite : par « la gravité des conséquences en termes de santé publique » et « l’urgence qui en découle ». -Le 1er juillet, déjà, ce même Conseil d’État avait enjoint à l’exécutif de « prendre des mesures supplémentaires d’ici au 31 mars 2022 » pour atteindre l’objectif d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici à 2030. L’ambition est pourtant gravée dans le marbre de l’accord de Paris sur le climat (2015) – elle pourrait encore être rehaussée à Glasgow dans quelques semaines ! - dans le cadre du plan de relance le gouvernement a distribué des dizaines de milliards aux secteurs aérien et automobile. Des miettes pour le train ou le vélo. Le tout sans contreparties environnementales ni sociales, évidemment. - Et le glyphosate devait être interdit en 2020 en France, c’était en tout cas une des promesses de campagne !

Pourtant il y a de quoi s’affoler : 75 % de la surface terrestre « est altérée de manière significative » selon le dernier rapport de l’IPBES, et plus de 85 % de la surface des zones humides ont disparu (en France, c’est plus de la moitié). Près d’un million d’espèces sont menacées d’extinction par l’activité humaine, ce qui représente près d’un quart des animaux et végétaux.

Dans un article cinglant sur Mediapart.fr Jane Lindgaard s’interroge sur ce sommet de la biodiversité, un «  endroit distingué où l’on peut croiser Antoine Arnault, fils de Bernard et directeur de la communication de LVMH ; les présidents d’EDF, Engie et Veolia ; Christine Lagarde, présidente de la BCE ; le président du Medef ; la cheffe de « la stratégie de soutenabilité » du pétrolier Total ; un vice-président de Microsoft, le président d’une association de groupes miniers, Emmanuel Macron et toute une partie du gouvernement français ? » Le sponsor privé mis en avant par l’UICN pour l’événement est la marque Nutella, qui consomme d’énormes quantités d’huile de palme et fut accusée d’exploiter des migrants syriens pour la production en Turquie de ses précieuses noisettes. De son côté, le ministère de la transition écologique a réuni son propre pool de « partenaires » économiques : JCDecaux, BNP Paribas, la SNCF, la compagnie de croisières Ponant, le groupe de transport maritime et de logistique CMA CGM, le groupe de luxe Kering, Veolia, etc. Mais « en raison de clauses de confidentialité dans les conventions de partenariat », il refuse de dévoiler le détail des montants alloués. En tout, l’État a déboursé 2 millions d’euros pour la tenue du congrès. Le groupe Ferrero a payé environ 185 000 euros pour sa place de « mécène »,  soit moins de 2% du coût total de l'événement, selon l’UICN. Autant dire que l’ambiance du Congrès ressemblera plus à celle du forum de Davos qu’aux jardins ouvriers d’Aubervilliers, occupés depuis mai pour en empêcher le bétonnage, et évacués par la police jeudi matin. »

Jardin d’Aubervilliers

Jade Lindgaard évoquait dans son papier les jardins d’Aubervilliers. Des jardins ouvriers que les habitants souhaitaient conserver car ce sont de vrais poumons pour eux. Mais depuis un an les travaux du Grand Paris voulus par la Maire de Paris, la présidente de région, le gouvernement… en vue des J.O de 2024 notamment menacent ce lopin de terre, pour construire des établissements particulièrement indispensable comme un solarium ou une piscine olympique. On est devant toutes les contradictions de cette société qui peint en vert les projets d’urbanisme mais détruit la nature et le cadre de vie des plus défavorisés. Il était question de ces Jardins cet été lors des rencontres de l’écologie populaire et sociale, à Vesc dans la Drôme. Et c’est justement pour parler d’écologie populaire que Dolores Mijatović (militante du collectif de défense des jardins ouvriers d'Aubervilliers) participait à la table ronde. Climat de luttes a tendu son micro :

Malheureusement l’engagement des militants n’a pas suffit cette fois et les pelleteuses, précédées de la police, peu avant 7 heures du matin. Ils ont délogé les militants présents et en ont interpellé deux d’entre eux. Le soir, une manifestation de 200 personnes s’est rassemblée devant la mairie d’Aubervilliers dénonçant l’utilisation des J.O. par un ensemble de promoteurs pour gentrifier encore davantage la ville. Voir l'article sur Bastamag.

Horizeo

La Commission nationale du débat public (CNDP) a décidé d'organiser un débat public sur le projet de plateforme photovoltaïque "Horizeo" à Saucats (Gironde). La CNDP a confié l'animation et l'organisation de ce débat à une Commission particulière du débat public (CPDP) composée de 7 membres. Trois sociétés, Engie, Neoen et RTE portent ce projet de plateforme énergétique dite "bas carbone" comprenant un parc photovoltaïque sur la commune de Saucats en Gironde. Il s'agit d'un projet de grande ampleur (1 milliard d'euros) qui prévoit de construire un parc photovoltaïque d'environ 1GW qui alimenterait plusieurs "briques" technologiques : des batteries de stockage d'électricité, un électrolyseur produisant de l'hydrogène, un data center sur une surface de 5ha maximum et une parcelle agricole orientée vers la restauration collective du territoire. Le site envisagé pour implanter ce projet est une parcelle boisée de 1 000 ha (aire d'étude de 2 000 ha) actuellement dédiée à la sylviculture (pins maritimes). Voilà pour la présentation officielle. Climat de luttes vous invite à aller consulter les documents sur le site et à participer aux débats qui vont avoir lieu. Le premier a lieu ce soir 9 septembre, en même temps que notre émission, au Palais des congrès de Bordeaux. Mais ne vous inquiétez pas, il y en aura 5 autres : les 21/09, 14/10, 15/11, 18/11, 14/12 ainsi que des ateliers thématiques, des visites de terrains et des "points contacts". Le calendrier est ici.

Le projet ne consiste pas exactement à diminuer le recours à l’énergie nucléaire mais bien à produire de l’énergie supplémentaire, alors que la région est excédentaire de 23 %. Il s’agit d’une électricité destiné au marché industriel dit "de gré à gré", et d’alimenter un data-center ainsi qu’un centre de production d’hydrogène.

Pour se justifier de déboiser 1000 ha de forêt, de nombreux arguments "écolos" sont avancés comme celui de la compensation qui sera faite en plantant des arbres ailleurs, ou encore celui selon lequel la forêt actuelle est une plantation d’arbres industrielle, en encore que le fait que des cultures maraichères seront mises en place pour alimenter en légumes bio les écoles des environs. Rappelons que l’ADEME, l’agence de maîtrise de l’énergie, a démontré qu’en Gironde, un gisement énorme de surfaces disponibles existe pour installer des panneaux solaires  : sur les toits, au-dessus des parkings, des supermarchés, des usines… bref, partout où les sols sont déjà articifialisés.

Il va donc y avoir des débats très nombreux et vifs autour de ce projet et nous organiserons une table ronde sur le sujet avant le mois de décembre pour apporter notre contribution.

Les podcasts

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30m

Point Chaud

17/09/2021

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Le Plat de Résistance

Anne Lauseig du Collectif National de la Force Invisible des Aides à Domicile

17/09/2021

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Le Rayon vert

17/09/2021

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